Publié le 07/12/2010 ICEE Group a organisé une nouvelle conférence le 6 décembre 2010 à 17h30 à la Fac de droit de Nantes Amphi G sur le thème : Les retraites, une seconde jeunesse. En voici l’introduction prononcée par Christophe Raison, Professeur d‘économie à l’ICEE de Nantes ; l’intégral de la conférence se trouve sur notre blog (cliquez “Blog” dans le home page)
ICEE Group organise régulièrement des conférences pour son public de fidèles que sont ses étudiants, leurs parents, les Cabinets d’expertise comptable et les entreprises qui accueillent ses stagiaires.
Quelques rappels :
- La réforme du droit pénale des affaires : Didier GALLOT, Juge d’instruction
- Le nouveau visage de l’administration fiscale par hervé LEBORGNE, Inspecteur principal, Diretion des services fiscaux de Loire Atlantique
- Les banquiers ont-ils réussi là où Marx a échoué : exploiter les capitaliste par Eric NEMETH, Investisseur financier
Le 6 décembre 2010 à 17h30 : Les retraites, une seconde jeunesse par Loïc BELHOMME, Inspecteur à l’AG2R LA MONDIALE, responsable du Grand Ouest
- de 17 h 30 à 19 h 30
Introduction prononcée par Christophe RAISON, Professeur d‘économie en DCG et DSCG à l’ICEE de Nantes, de la conférence animée par Loïc BELHOMME, AG2R LA MONDIALE, sur le thème de “La retraite, une seconde jeunesse”
La thématique de ce soir traite des enjeux de la réforme des retraites en France. Pourquoi cette réforme a-t-elle suscité autant de débats contradictoires ?
Permettez-moi de revenir brièvement sur les caractéristiques de notre système de retraite par répartition et de rappeler les contraintes qui s’imposent à lui et qui nécessiteraient de le réformer.
Deux grands systèmes de retraite cohabitent aujourd’hui dans le monde :
• la retraite par répartition (le cas français) : les retraites en France sont organisées selon le principe de la solidarité intergénérationnelle grâce au transfert immédiat des cotisations sociales des actifs actuels vers les pensions des retraités d’aujourd’hui. La pérennité de ce système dépend de l’assiette (donc de la croissance économique), du taux de cotisation, du ratio actifs/inactifs. Nous voyons bien le lien avec la crise économique qui a donné cette vision court termiste de la réforme avec une logique comptable et financière.
• la retraite par capitalisation : employeurs et travailleurs versent des cotisations à une caisse qui les fait fructifier en les plaçant et qui distribue les résultats sous forme de pension.
Je vous laisserai par la suite l’occasion de mettre en perspective notre système de répartition qui est constitué de plusieurs étages distincts, générateurs de droits qui s’additionnent à savoir les régimes de base par l’affiliation obligatoire à la CNAV fonctionnant par répartition, les régimes de retraite complémentaire obligatoires et enfin l‘épargne retraite collective et individuelle recouvrant des mécanismes très différents : le plan d‘épargne retraite entreprise (Pere), le plan d‘épargne pour la retraite collective (Perco)…
Le système français de retraite par répartition doit faire face à la contrainte démographique en raison du départ massif à la retraite des baby-boomer. Mais l’équilibre du système de retraites ne dépend pas exclusivement de l’âge de départ à la retraite mais aussi de deux autres variables : le taux de cotisation et le montant des pensions. Vous nous expliquerez peut-être pourquoi, par la suite, le gouvernement a choisi d’évincer ces deux autres options.
Mais l‘âge de départ minimal est-il véritablement la pierre angulaire dans un système de retraite ? Pourquoi une seule réforme paramétrique ? Selon P. Askenazy, “Ce sont surtout le nombre d’années de cotisation, le rendement de ces dernières, les mécanismes de sur et sous-cotes, et les efforts des entreprises pour conserver les plus de 55 ans dans leurs effectifs qui jouent sur l‘équilibre du système» .
Nous pouvons aussi nous demander si cette réforme des retraites ne nécessiterait pas un réexamen profond des politiques de gestion des fins de carrière. La réforme de 2010 est centrée autour de l‘âge de 62 ans mais ne s’attaque pas vraiment à la complexité et au manque de transparence du système actuel.
Alors, Monsieur Belhomme, pouvez-vous nous expliquer pourquoi la persistance d’un tel empilement des régimes (salariés, non salariés, public, privé, cadres, non-cadres…) et pourquoi une telle complexité des règles en vigueur ? Pourquoi est-ce aussi difficile pour le commun des mortels que nous sommes de comprendre le lien entre cotisations et montants des pensions ?
Et surtout, Monsieur Belhomme, en tant que Directeur régional d’un groupe de retraite obligatoire de répartition ARRCO et AGIRC (AG2R) marié avec un assureur (LA MONDIALE), pouvez-vous nous dire si Caisse de répartition et de Capitalisation font si bon ménage ? Et pourquoi un groupe comme le votre, qui commercialise des produits complémentaires, s’intéresse-il autant à la compréhension des régimes Obligatoires ?
Je vous donne maintenant la parole et vous laisse le soin de répondre tout au long de votre exposé à ces questions et ne doute pas de l’intérêt que vous allez susciter…