
A Bruxelles, la réunion des 27 qui devaient adopter le budget européen 2014-2020 a traduit un réel manque d'ambition puisque fait unique depuis le début de construction européenne, les chefs d'État et de gouvernement ont voté pour une baisse substantielle du budget. « Résultat: on se retrouve avec le budget le plus bas de l'histoire de l'UE » (1) . Pour l'ensemble de la période 2014-2020, les crédits d'engagements passent à 960 milliards d'euros, soit 1 % de la richesse européenne, tandis que les dépenses réelles sont plafonnées à 908,4 milliards. Rappelons que la même dépense publique moyenne des États dépasse les 40 %.
Une fois de plus, l'occasion a été perdue de doter l'UE d'un financement moderne et pérenne. Selon Alain Lamassour, président de la commission du budget du Parlement européen, « Nous avons vingt-sept Mme Thatcher autour de la table : chacun est obsédé par ce qu'il retire du budget européen, tout en cherchant à minimiser sa contribution.(2) Référence à cette fameuse phrase de M. Tatcher : «I want my money back ». Le principe de «juste retour » est contraire à l'esprit de la Communauté fondée sur le principe de solidarité interne (pour certains pays des versements supérieurs aux recettes).Cette question était revenue à l'ordre du jour à la fin de l'année 2002, avant le Sommet de Bruxelles, lorsque Paris a remis en cause cette ristourne britannique. Depuis les choses ne sont pas arrangées.
Témoin en est où, à la sortie de ce sommet, chaque pays a voulu sauver la face tel D. Cameron qui s’autogratule d’avoir gagné le rapport de force en ayant contribué à la réduction des dépenses, ou A. Merkel qui a su préservé de nombreuses aides financières destinées aux Länders de l'Est. Sans oublier François Hollande qui a sauvé nos agriculteurs. Mais le recherche de ses intérêts privés n’aboutit pas comme le laissait supposer A. Smith à l’élaboration de l’intérêt général à savoir la construction d’une Europe plus forte et plus solidaire.
Merci à Corentin d'avoir eu la possibilité de recueillir l'avis de Dominique Coudreau dont nous remercions, de par le temps consacré à l'interview de Corentin, l'intérêt qu'il porte à la formation de nos étudiants.